Neurosciences

Intelligence artificielle, biotechnologies, le règne des grands groupes

Que l'on soit au courant ou non, que l'on y croie ou non, le monde médical est en passe d'entrer dans une ère extraordinaire que seuls les auteurs de science-fiction ont pu imaginer à ce jour. Grâce aux nanotechnologies et biotechnologies, à l'informatique et aux sciences cognitives rassemblées sous le sigle NBIC, les limites que connaît la médecine traditionnelle vont largement être dépassées donnant à l'homme l'espoir d'une vie plus longue dans un corps plus sain.

La médecine s'est dotée ces dernières décennies de machines issues de technologies de pointe qui permettent de diagnostiquer, analyser et ainsi traiter diverses anomalies ou maladies de manière plus précise qu'auparavant. Cet appareillage fait désormais partie intégrante du milieu médical et n’étonne même plus. Loin de se contenter de résultats pourtant déjà bien satisfaisants, la recherche se poursuit inlassablement, allant toujours plus loin et touchant désormais au monde de l'infiniment petit à partir duquel l'homme se construit.

Un terme comme ADN a largement été répandu grâce aux séries télévisées policières dans lesquelles un simple prélèvement d'ADN permet d'innocenter ou d'inculper une personne, et c'est exact car l'ADN est une source de renseignements innombrables sur un individu à condition de posséder le matériel indispensable au décryptage. L'électronique et l'informatique ont permis aux nanotechnologies de voir le jour car il est certain que jamais personne n'aurait pu observer ce qui se passe à l'échelle du nanomètre ne mesurant qu'un milliardième de mètre. Sans électronique, aucun chercheur aussi doué soit-il n'aurait donc pu étudier l'ADN, cette minuscule molécule où sont centralisées toutes les informations concernant le pourquoi et le comment d'un être vivant, ensemble d'informations nommé génome.

adn

Et puisque le génome peut être observé, il devient possible d'étudier toutes ses caractéristiques, de le comparer avec d'autres génomes pour comprendre pourquoi telle ou telle de ses spécificités se traduit par une déficience quelconque ou une maladie. Mais l'analyse du génome humain n'est pas une fin en soi. Une autre étape doit suivre, étape qui permet de tirer profit de cette nouvelle connaissance en vue d'apporter des améliorations concrètes dans le domaine du vivant.

Il ne s'agit plus d'observer mais de manipuler l'ADN.

La plupart ont déjà entendu parler d'OGM qui désigne un organisme animal ou végétal ayant subi des modifications au niveau de son patrimoine génétique. Cette intervention de l'homme permet de supprimer certains caractères gênants ou d'en apporter au contraire de meilleurs qui vont modifier le développement de la plante ou de l'animal. Appelée transgénèse, cette manipulation permet par exemple dans le domaine agricole d'augmenter les récoltes ou de rendre les plants plus robustes face à la maladie. Plusieurs changements peuvent être apportés au même organisme mais fort heureusement, tout ceci est réglementé.

Aujourd'hui, les manipulations de génomes chez l'être humain sont devenus réalité.

La Chine, qui n'est pas du tout en reste dans le domaine de la biotechnologie, est parvenue à enrayer une maladie du système sanguin après avoir modifié les gênes responsables chez des embryons humains. Des travaux réalisés à Harvard ont permis de démontrer que des modifications génétiques pratiquées sur un cochon rendaient possible la transplantation de certains de ses organes à l'homme. Bien qu'il s'agisse là de résultats encore assez limités, il est certain que d'ici peu, l'être humain pourra être soigné grâce à des modifications apportées au niveau de son génome.

Il ressort de tout ceci une évidence absolue, à savoir que la médecine de demain sera entre les mains non plus de médecins spécialisés mais plutôt entre les mains de personnes capables de travailler avec des logiciels spécifiques qui à partir d'un ADN donné indiqueront le traitement à appliquer.

genome

Les autres grands de la toile participent aussi à cette course.

Et en amont de ceci, il y aura bien évidemment les concepteurs des logiciels utilisés, les géants de la toile nommés Apple, IBM, Microsoft, Google, Facebook et encore Amazon. Ceux-ci cherchent tous à occuper le devant de la scène sur le web et ne voient aucun inconvénient à diversifier leur champ d'action.

Depuis les débuts du web et plus particulièrement grâce à l'engouement des internautes pour les réseaux sociaux, le volume des données recueillies est énorme. Géo localisation, "Like" si généreusement distribués aux amis des réseaux sociaux, achats sur le net, réservations de vacances et même photos sont autant de renseignements qui sont analysés, classifiés et stockés en vue d'être réutilisés ultérieurement en proposant à l'internaute une série de choix en rapport avec ses affinités. Rien n'échappe à l'intelligence artificielle qui de ce fait connaît chaque internaute en particulier sans que ce dernier n'en soit conscient.

google

Ceci laisse à penser que les champions du web seront bien à l'aise dans le domaine de la santé puisque travailler au départ de la personnalité de l'internaute n'est pas plus compliqué que de partir de son ADN surtout si le corps médical constitue la source de renseignements qui est nécessaire. Google est déjà fortement implanté dans ce domaine. En 2013, il a fondé une société de biotechnologies appelée Calico qui a pour objectif de "Tuer la mort".

Comme l'intelligence artificielle dépasse celle de l'homme, il reste à souhaiter que toutes les mesures de sécurité soient prises pour que la machine ne domine jamais l'homme.